lundi 6 février 2012

Qui croire sur le web ?

Billet 4

Qui croire sur le web ?

Depuis quelques années, nous avons développé le réflexe incontournable de demander à Google de trouver les réponses à nos questions. Google ci, google cela… Qui ne s’est pas googlé sur le web..!

Ce réflexe est-il devenu un tic, une habitude qui nous fait perdre de vue, l’essentiel soit l’esprit critique-? Comment se manifeste-t-il à l’heure des moteurs de recherches, du partage, de la multiplication et de la redondance des informations ? Tout le monde recherche son heure de gloire, veut être immortalisé pour une chose qu’il a faite ou dite et le web pullule de ces types de discours.
Comme le dit Pierre Fraser dans son essai Dindification, nous sommes confrontés à une panoplie de sources provenant des pseudos connaisseurs qu’il identifie selon les termes suivants; le gourou, le spécialiste, l’expert et l’expert autoproclamé.

Les définitions qu’il donne de ces relayeurs d’informations sont assez justes;

- Le gourou : il détermine la nature du discours de la tendance. Il s’impose dans son domaine comme une figure charismatique. Il en cite quelques-uns en parlant de l’écologie : Al Gore, Nicolas Hulot, Hubert Reeves, David Suzuki… et bien d’autres. Il mentionne que le problème des gourous c’est qu’ils ne reconnaissent pas les limites de leurs savoirs et qu’ils les outrepassent régulièrement dans en être conscient.

- Le spécialiste : explique pour sa part la nature de la tendance. Par exemple, suite à un accident d’avion, on consulte le spécialiste en aviation. Il possède une bonne formation dans le domaine qu’il prétend connaître. Le problème du spécialiste c’est qu’il reconnaît les limites de son savoir, mais dès qu’on l’oblige à les franchir, il extrapole.

- L’expert : il le décrit comme une espèce bien particulière. Ni gourou et ni spécialiste. beaucoup de médias écrit et électronique on un expert maison qui s’informe auprès des gourous et des spécialistes (en économie, en finance, en environnement, etc). Ces experts ont un bassin très vaste de personnes qui les écoutent ou les lisent. Comme le dite Fraser, le problème de ces experts c’est qu’ils n’ont aucune idée de l’étendue de leur ignorance.

- L’expert autproclamé : celui-ci répète les discours des trois (3) premiers. Ce phénomène de l’expert autoproclamé n’est semble-t-il pas récent mais internet lui a tout simplement offert une plateforme gigantesque. Fraser le décrit ainsi « on peut les considérer comme des grands perroquets du discours des trois (3) autres. Leur rôle est de répéter inlassablement les mêmes rengaines, pensant ainsi se positionner comme des gens ayant une opinion structurée et valable. Le problème de l’expert autproclamé, c’est qui’il ne sait pas qu’il est ignorant. Il a la ferme conviction de savoir de quoi il parle.

À partir du moment ou nous prenons connaissance d’informations sur le web, comment procède-t-on pour filtrer ce que nous cherchons ? Comment déterminer avec lequel de ces différents relayeurs d’informations dont parle Fraser avons-nous affaire ? Quels sont nos paramètres de recherche lorsque nous cherchons des réponses à nos questions sur le web ?

Autant de questions qui sont importantes à considérer lorsque nous partons à la recherche d’informations et qui peuvent permettre de mieux circonscrire avec certitude la véracité des informations que nous utiliserons dans un contexte déterminé.
Est-ce que la quantité d’informations accessibles est garante de la qualité de ces dernières ? Sommes-nous tous victimes de l’IOS (Information Overload Syndrome) qui nous pousse à rester à la surface des choses (considérant la masse hallucinante d’informations à filtrer) et à niveler la qualité de nos recherches par la base ?

Ce qui est certain, c'est que nous devons rester très vigilants, éveillés et garder notre esprit critique le plus aiguisé possible.

mercredi 1 février 2012

Le blogue et l'apprentissage
Dans une société qui semble nourrir le visuel de plus en plus au détriment de l'écrit il est devenu un défi quotidien pour les professeurs d'essayer de créer des situations ou des environnements pédagogiques dans lesquels les élèves peuvent développer le goût d'écrire.

Chez les jeunes du primaire, la télévision, l'internet et les jeux vidéos sont devenus des références et encouragent à une certaine paresse intellectuelle. Écrire demande du temps, de la réflexion et l'apprentissage d'une très grande quantité de règles. Le visuel demande moins d'efforts, se consomme facilement.  Chez les adoslescents, le geste d’ecrire passe par l’utilisation des textos ou des messages carabinés dans l’univers des réseaux sociaux. De plus, l’utilisation d un meta langage (LOL, ROTFL, LMAO) dénote bien de cette paresse de réfléchir a la forme, aux mots choisis, aux tournures de phrases, etc. Donc rien de bien positif pour l’apprentissage correct de la langue maternelle . Je serais curieux de savoir si ce phénomène est mondial -voire dans plusieurs langues-. Ignacio Ramonet, dans l'un de ces livres dont le titre illustre bien cette facilité -le chewing gum des yeux- décrit ce que la télévision a comme effet sur les grands consommateurs.  

Selon des chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi, il y a de l’espoir « l’utilisation du blogue procure un contexte d’écriture authentique aux élèves et accroît leur productivité et leur motivation. » Cette étude, qui s’intéresse au potentiel du blogue dans l’apprentissage de l’écriture, montre clairement que les jeunes écrivent beaucoup dans le contexte de leurs loisirs et sur les réseaux sociaux, mais qu’il est sous-utilisé dans le contexte de l’apprentissage.

Globalement, dans l’étude « les chercheurs s’intéressent au potentiel du blogue dans l’apprentissage de l’écriture. Ils tentent d’approfondir et d’explorer l’identification d’une intention d’écriture auprès des élèves qui en font une utilisation régulière en classe »

Une conclusion intéressante ressort de cette étude « Le blogue est un moyen d’offrir des contextes d’écriture multiples, qui s’échelonnent dans le temps, tel qu’en témoigne la quantité importante de billets rédigés, un facteur important, bien qu’insuffisant à lui seul, qui entre en jeu dans le développement de la compétence à écrire. L’outil propose également des points de repère aux élèves dans le choix d’une intention d’écriture. »

mardi 24 janvier 2012

Le blogue est il mort ?


Il serait assez juste de dire que l’ère des technologies (et de ses applications) redonne au mot éphèmère tout son sens. Quelle est la durée de vie d’une application sur le web ? Est-ce que le blogue est voué à l’extinction ? Sera-t-il totalement remplacé par le micro bloguage à la Twitter ?
Est-ce devenu trop long à écrire un blogue ? Les générations montantes ont une capacité de concentration adaptée aux environnements non-linéaires et ils excellent dans les messages courts (les textos, les messages de 140 mots de tweeter). Ne demandez pas à des jeunes d’entre 18 et 30 ans d’entreprendre la lecture de Guerre et Paix de Tolstoi …! Tout doit être court et rapide. Tout doit être interconnecté, cliquable et on doit rebondir constamment d’un lien à un autre.


Sur le site FRENCHWEB.FR, des statistiques vont en ce sens mais pour la génération de 12 à 29 ans;
  • Parce que 50% des 12-17 ans américains ont délaissé l’utilisation du blog entre 2002 et 2006. Les 18-29 ans ne sont plus que 15 % à se déclarer blogueurs contre 24 % en 2007.
  • Parce que les audiences des sites de blogging constatent une baisse, à l’instar de Blogger, moins 2% en 2010.
  • Parce que l’intérêt des blogs tendrait à disparaître au profit des réseaux sociaux ou de sites de micro-blogging.
  • Parce qu’aujourd’hui, Twitter et Facebook constituent à eux deux près de 40 % de l’apport de trafic vers les blogs. Les géants du réseau social vont-ils manger l’audience de la blogosphère…?


Tandis que chez la génération des 30 ans et plus;
  • Parce que chez les plus de 30 ans, la part de blogueurs a augmenté : ils sont 11 % à bloguer en 2010 contre 7 % en 2007.
  • Parce que le blog est un outil complémentaire aux réseaux sociaux comme Twitter et Facebook. Les contenus ne sont pas traités dans la même forme. Les revenus générés par les blogs sont encore un enjeu.
  • Plus de 10 millions de VU en janvier 2010 sur Overblog, +40% en un an (Source Médiametrie/Netratings)
  • Parce qu’aujourd’hui, Twitter et Facebook constituent à eux deux près de 40 % de l’apport de trafic vers les blogs… Renversement de point de vue: Ce chiffre signifie-t-il une aubaine à exploiter pour la blogosphère…?


Cependant d’autres statistiques démontrent l’apport du blogue dans un contexte de marketing. Selon une étude de eMarketer, 43% des compagnies américaines utiliseront le blogue en 2012 pour rejoindre les consommateurs




Assisterons-nous, dans les prochaines années, à la disparition de cette forme/canal de communication que sont les blogues et les micro-blogues, bien malin l’expert qui saura le prédire. Une chose est certaine, le besoin de communiquer des humains sera toujours présent et d’une manière ou d’une autre il se manifestera sous une nouvelle forme. Que nous réserve donc le Web 3.0  ?

dimanche 22 janvier 2012

Le blogueur et le journaliste –même combat–?

À l’ère du 2.0, il est indéniable que la blogosphère a révolutionné le journalisme et/ou lui a insufflé une nouvelle approche d’écriture -participative-.

 
Le débat qui avait pris naissance au tout début de l’ère des blogues, à savoir si un blogueur était un vrai journaliste n’est plus vraiment d’actualité car aujourd’hui on se demande plutôt ce que les blogueurs ont apportés à la profession.
Ils ont en quelque sorte révolutionné l’approche à l’information



Le blogueur Benoît Raphael dresse une liste très intéressante des apports du blog au journalisme.
1.       La conversation
2.       L'info perfectible, ou l'info "work in progress"
3.       Le buzz
4.       L'info antéchronologique et pas hiérarchisée
5.       Le référencement
6.       L'info tremplin
7.       L'agrégation, la veille d'infos
8.       La liste 
9.       L'écriture à tiroirs
10.   Un ton nouveau
On remarquera que le contenu du blogue est très malléable tandis que l’article de journal est figé (une fois terminé).

Le célèbre blogueur français Loic Le Meur résume bien la différence entre un journal et un blogue; « Les médias traditionnels envoient des messages, les blogs démarrent des conversations ».

Dans les deux cas, il existe une relation à l’écriture mais le journaliste est, contrairement au blogueur, encadré par la vision –politique- du journal pour lequel il travaille. Il lui est difficile d’exprimer son point de vue sans qu’on lui rappelle qu’il doit suivre la ligne du parti. Le blogueur est libre d’exprimer son point de vue (dans la mesure ou il n’y a pas de libelle diffamatoire).

Il demeure clair qu’un blogue peut être utilisé comme point de ralliement pour une communauté et en ce sens, il met de l’avant tout cette culture participative que la blogosphère permet d’entretenir entre des milliers d’individus.